Comment décrirais-tu le bilan sportif du club ?
Disons qu’il est bon mais il aurait pu être meilleur. Maintenant, on est allés chercher 3 victoires, ce qui n’est pas anodin dans ce championnat. Bien sûr, on aurait aimé faire mieux, et je pense qu’on aurait pu faire mieux. Il y a eu des découvertes, de l’adaptation à avoir, mais disons qu’on est dans une situation qui est encore très ouverte.
Quels enseignements tires-tu de ces 3 victoires ?
Qu’on est capable de gagner des matchs. L’analyse, c’est comment on a fait pour gagner ces matchs et pourquoi on n’a pas gagné les autres. On a pris le temps d’étudier les matchs gagnés comme les matchs perdus dans l’intérêt de retrouver la vie et l’euphorie qu’on avait dans ces 3 victoires-là.
Quelles tendances dégages-tu des matchs joués jusqu’ici ? Forces, points à améliorer…
Il y a toujours des points à améliorer partout, de toute façon c’est de l’amélioration quotidienne, il n’y a pas plus de points qu’un autre. Maintenant, c’est d’essayer de retrouver un équilibre collectif, ne pas dépendre du scoring de nos trois joueuses étrangères, mais que tout le monde soit impliqué dans le projet et s’implique dans toutes les parties du terrain, que ce soit en défense ou en attaque. Il faut que tout le monde soit conscient que l’effort doit venir de partout et de tout le monde.
Avec une équipe pas toujours au complet, comment le staff s’est adapté match après match ?
C’est le principe même de l’adaptation : prendre conscience que certaines joueuses doivent avoir plus de responsabilités, que certaines joueuses doivent faire plus d’efforts à certains endroits. C’est sûr que ce n’est jamais évident parce que ça déstabilise un tout petit peu, par moment, la hiérarchie, mais c’est de l’adaptation et c’est aussi faire confiance à toutes les joueuses.
Quels points positifs peux-tu mettre en avant malgré ces contraintes d’effectif ?
Il y a des joueuses qui se sont révélées à un certain niveau qu’on ne pensait pas, et on a su imposer notre jeu sur la moitié de la première partie de saison. Après, on a été plus en difficulté dans la deuxième partie parce que les équipes ont augmenté leur niveau d’agressivité et la dimension physique, et on a eu du mal à répondre à ça. Ça veut dire qu’il faut que j’arrive à trouver encore des solutions pour contrer ça, mais on a su être une équipe qui, à un moment donné, a dominé, qui a amené quelque chose de nouveau, et on doit essayer, sur la deuxième partie de saison, de retrouver les valeurs qu’on a eues. C’est tout à fait possible.
Comment garder la motivation des joueuses dans ce contexte ?
Ça fait partie du job. Une saison, ce n’est pas quelque chose de linéaire, il y a des moments où ça va, des moments de conflits, des moments de doute, ça fait partie du jeu d’une saison, il ne faut pas croire que tout est beau. C’est une période qui est plus compliquée dans les résultats, mais la motivation ne change pas. Il y a des doutes, des remises en question de la part de tout le monde, on a essayé de discuter, de trouver des solutions ensemble, et elles sont toutes conscientes qu’elles jouent pour le club et le maillot, et tout le monde s’engage à fond. Il n’y a personne qui triche et, à partir de là, on a toujours été sur la bonne et même voie.
Un mot sur les ajustements effectués en cours de première partie de saison, notamment le départ d’Angel ?
C’est rare de changer de joueuse aussi vite. On se rend compte qu’il y a beaucoup de clubs qui ont modifié leurs effectifs mais plutôt au cours de cette période hivernale.
On a décidé de le faire tôt parce qu’on sentait qu’on ne pouvait pas aller plus loin ou que ça ne nous apporterait pas plus pour la suite, pour diverses raisons. Derrière, il y a aussi une opportunité de faire venir Dazia Lawrence, qui était une joueuse très intéressante à ce moment-là. Ce n’est pas une décision qui a été facile à prendre mais l’intérêt, c’était de se renforcer, et on est en train de voir qu’elle monte en puissance. Elle nous apporte les choses dont on avait besoin donc au final, ça a été un ajustement qui, pour l’instant, est plutôt positif.
(Arnaud) Concernant le départ d’Angel, ce n’était pas du tout l’intention que le club avait au départ, on n’a jamais fait ce genre de choses. Cette décision a probablement surpris et nous avons fait le nécessaire pour l’expliquer aux joueuses et elles l’ont tout à fait compris.
Alors que les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous, quels aspects de la vie du club te rendent fier ?
Déjà, les résultats sont plutôt au rendez-vous car on a autant de victoires que l’année dernière sur cette première partie de saison et on est finalement qu’à un point de la septième place, ce n’est qu’une victoire, donc ce n’est pas grand-chose, même si c’est le dernier match qui capote un peu cette fin de première partie de saison. Mais la phase aller, c’est onze matchs et pas qu’un seul. Il y a des équipes qui sont au-dessus de nous, c’est la réalité.
Le 15 juillet, on était toujours en Ligue 2 et le 26 juillet, on était en Ligue féminine, donc aujourd’hui, il faut savoir aussi où est sa place. On a eu trois victoires qui nous donnent l’opportunité de continuer à espérer les play-offs, et derrière, on a aussi montré des choses avec notre dimension d’équipe et nos valeurs, qui vont encore grandir et augmenter. C’est plutôt à la fin de la saison qu’on pourra faire un bilan pour savoir si nos résultats sont bons ou pas.
Sur l’aspect de la vie du club qui rend fier, c’est la salle, l’ambiance les jours de match, le taux de remplissage, tout ce qui est autour du terrain. Et, c’est ce que j’ai dit, il faut que le terrain soit à la hauteur de la valeur de ce qui est fait autour du match et, même si tout le monde peut faire mieux, c’est à nous d’élever notre niveau pour être à la même dimension de ce qui nous est proposé les jours de match et de toutes les conditions de travail qu’on a au quotidien.
(Arnaud) La décision tardive concernant le repêchage en LFB nous a amenés à faire des choix rapides, comme l’a souligné Julien. Ces choix ont été faits collectivement et avec conviction, et j’en suis aujourd’hui très satisfait. Le match face à La Roche a évidemment compté dans le déroulé de la saison, mais ce qui me tient le plus à cœur, ce sont les valeurs portées par ce groupe : la bienveillance, l’esprit collectif, le partage et le travail qui définissent pleinement notre projet sportif.
Comment tu décrirais l’ambiance et la cohésion de groupe à ce moment du championnat ?
L’ambiance est bonne. Quand on a recruté, la valeur humaine des personnes avait été importante. Ce sont de bonnes personnes, avec des caractères différents, des expériences différentes et toute une diversité de générations. Mais je pense que la cohésion est plutôt bonne et que cette période qu’on a traversée a renforcé encore plus les liens entre les joueuses. C’est pour cela que les défaites d’aujourd’hui sont les victoires de demain.
As-tu un message que tu souhaites transmettre aux supporters pour la suite de la saison ?
Aujourd’hui, les joueuses ont besoin de continuer à avoir du monde dans la salle, qui mette l’ambiance, qui vibre avec elles. C’est un métier qui est exigeant, que tout le monde rêverait de faire, mais il y a quand même des contraintes et des barrières émotionnelles qui sont très importantes. Et quand on voit la salle qui est pleine, quand on voit des pancartes, des gens qui nous supportent, qui mettent l’ambiance et qui viennent avec des sourires, c’est une énergie positive. Je pense que dans cette salle, il y a besoin de beaucoup d’énergies positives, et rien que de l’énergie positive. Donc ce que j’attends, c’est du soutien et des encouragements.
(Arnaud) Effectivement, je pense qu’aujourd’hui, il est essentiel que cette salle soit pleine. Nous pouvons être fiers du travail accompli en matière de remplissage, et il est important de continuer dans cette dynamique. Le soutien du public est primordial, même lorsque tout ne se passe pas toujours comme on le souhaiterait sur le terrain. Le soutien envers l’ensemble du club est fondamental : il faut que tout le monde soit présent, uni, et encourage son équipe et son club.
